Les deux loups
Mars 2007
Ce bon vieux Socrate, toujours in !
Janvier 2007
Oh mon Dieu... ne faites pas comme nous !
Octobre 2006
Ferait-il trop beau, par hasard ?
Août 2006
Je ne peux pas
Juillet 2006
Touchez pas à ma paroisse !
Juin 2006
Croyant, pratiquant, mais pas fou !
Mai 2006
« Pas possible, tu me mens ! »
Avril 2006
Avance au large !
Mars 2006
Dans le même bateau
Février 2006
Clavardez avec nous !


m a r s   2 0 0 6
Avance au large !

Un vieux loup de mer, la casquette bien campée en angle sur son œil droit, la pipe rivée au bec… scrutait le lointain. Il avait épousé la mer, il y a bien longtemps. À voir son œil serein, son sourire en coin – on voyait bien que le mariage était heureux! Malgré son âge que trahissait sa barbe grise et son teint buriné par les intempéries, il gardait le torse bombé et la démarche fière.

À son pedigree, il avait trente années de montées et de descentes de ce Mississipi qui était devenu son « chez-lui ». Il connaissait « son » fleuve comme le fond de sa poche. Quand il quittait son poste de pilotage, c’était pour aller vers les passagers leur dire bonjour…et en vrai missionnaire les convertir à son amour : la mer! Le Mississipi est un partenaire capricieux. Ses sautes d’humeur sont proverbiales. Ses sinuosités sournoises. Ses traquenards nombreux. Les pires sont ces fameux bancs de sable hypocrites qui se cachent sous le couvert d’une eau courante et limpide.

Or justement, un jour, une belle dame en croisière tente d’érafler la carapace d’assurance du vieux loup de mer : « Commandant, depuis le temps que vous naviguez sur ce fleuve, allez-vous me dire que vous en connaissez tous les bancs de sable qu’y s’y cachent » ?

« Mais de quoi, me parlez-vous, ma chère dame» ? C’était une question qu’il comprenait bien, mais il ne lui laissa pas le temps de répondre et enchaîna : « Je n’ai jamais perdu mon temps à chercher les « bancs de sable »… je ne les connais pas. Mais je sais où est l’eau claire et profonde »!

Sapré loup de mer! Je ne sais où il a étudié sa philosophie ? Oh oui, je sais : dans la vie de tous les jours…dans ses montées et ses descentes de son fleuve. Il ne s’arrêtait pas aux possibles écueils…il fonçait dans les eaux claires et profondes. Y aurait-il deux sortes de gens ? Ceux qui ne cherchent et craignent que les bancs de sable…et ceux qui – regard droit en avant – ne cherchent que les eaux claires ? Chacun de nous a son « fleuve » à naviguer. À quoi mettons-nous nos énergies ? … aux bancs de sable… ou aux eaux limpides et belles ?

En toute amitié,

Cliff Cogger


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