Les deux loups
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Mars 2006
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m a r s   2 0 0 7
Les deux loups

« Ah le bon vieux temps » chuchotent les anciens… Alors que les jeunes se demandent si ce « bon vieux temps » n’est pas qu’une fable et une invention des « vieux » ?

Il y a bien longtemps que l’on ne danse plus autour du même feu. Aux deux extrémités de la réserve, il y a bien un feu, aux jours de célébration – mais les deux clans ont le leur… Finies la chasse et la pêche où l’on se partageait le butin ! Un groupe s’est approprié une partie de la rivière, l’autre a dû se choisir un endroit plus éloigné…



Par temps de belle soirée, ça ne sent plus le parfum de l’érable ou du merisier qui embaume et qui émane du feu …mais une odeur de roussi.

Les ados, bien sûr, ont suivi la mode : deux clans qui s’opposent et s’entre-déchirent. Les petits, quant à eux, n’y comprennent rien; dans le tipi, papa et maman nous disent une chose… et ont une autre conduite hors de la maisonnée. À l’école, les maîtresses nous parlent de solidarité, de fraternité, de la force qui est la nôtre quand nous sommes ensemble… Chacune danse avec « son » groupe… pêche dans son eau, trappe dans son boisé… C’est à n’y rien comprendre.

Le même sang coule dans leurs veines. La même histoire leur est enseignée. Et les petits, parce que libres, sans argent et sans pouvoir, souffrent davantage de la situation. Leur seule richesse est leur soif d’amitié et leurs rêves de beauté, d’unité et de demains heureux de partage de la même rivière, de la même forêt… de la même famille amérindienne unie et forte.

Par un beau soir de pleine lune, un petit papou s’approche de son grand-père. N’est-il pas le meilleur chasseur de la réserve ? Le meilleur guide en forêt ? Et le plus aimant des grands-pères ?

« Dis, papy : qu’est-ce qui se passe chez-nous? On dirait que l’on s’aime pas ?...»
« Petit, c’est la guerre, chez-nous! C’est triste, mais c’est comme cela ! »
« La guerre, dis-tu ? … comme chez les hommes blancs ?... que l’on voit à la télé ? »
« Eh oui, c’est la guerre des « deux loups ». Eh oui, comme chez les hommes de toute couleur, il y a en chacun deux loups…Le bon loup et le mauvais loup. – N’oublie jamais cela, fils ! ».
« Je ne l’oublierai pas, je te le promets. Mais dis-moi : lequel des deux est le plus fort ? »
«N’oublie jamais ceci aussi : le plus fort des deux est celui que tu nourris ».


Clifford Cogger


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