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Théo Lambert
« Son expérience de guerre »


Michel René - À 82 ans, Théo Lambert, originaire de Mégantic dans le comté de Frontenac, se souvient très bien de ses jeunes années dans l'armée de l'air. Il avait 18 ans quand la guerre 39-45 a été déclarée et, comme il n'avait pas froid aux yeux, il s'est enrôlé pour aller défendre la liberté.

Ces cinq années de guerre dans l'aviation lui ont valu bien des peines, mais lui ont également apporté beaucoup de satisfaction, d'expérience et de maturité. Parallèlement à sa fierté d'endosser l'uniforme bleu des aviateurs qui leur attirait les filles partout où ils allaient, qui leur valait la considération des gens qui les prenaient pour des sauveurs, la peur de ne pas savoir s'il allait revenir vivant des missions le tenaillait. Ça lui est arrivé de revenir avec une blessure au bras dans un bombardier criblé de balles.

La vie prend à ce moment une valeur différente. Toute chose, toute action, tout sentiment et toute pensée prennent une autre dimension. Tout devient plus intense et Dieu prend sa place à côté de chacun. Un évêque leur avait d'ailleurs déjà dit qu'ils pouvaient parler directement à Dieu puisqu'ils n'avaient pas de prêtre aux combats pour leur servir d'intermédiaire, et que s'ils mouraient en service ils iraient directement au Ciel, car leur effort, leur courage et le don de leur vie leur en ouvraient les portes.

Pour Théo Lambert, cette expérience n'a pas de prix, mais à la condition de s'en sortir. Deux de ses compagnons n'ont pu supporter le traumatisme de la guerre. L'un s'est pendu et l'autre s'est tiré avec une carabine. Quant à lui, après la guerre, il s'est marié et eut quatre enfants avec sa conjointe. Il devint propriétaire d'une mercerie pour homme et il est fier de dire qu'il n'habillait pas n'importe qui, les notables fréquentaient son commerce.

La discipline acquise dans l'armée lui servit tant dans ses affaires que dans sa façon d'éduquer ses enfants. « Sans être sévère, avoue-t-il, je leur montrais le côté positif de la discipline, je leur enseignais la maîtrise de soi et le respect. »

Quand il repense à tout cela aujourd'hui, Théo trouve que les problèmes qu'il a eus dans le quotidien de sa vie après la guerre sont des vétilles, « des peanuts » comme il dit, comparativement à ce qu'il a vu et vécu pendant le conflit mondial. À son âge honorable, il souhaite que les jeunes connaissent l'Histoire de la guerre car ce sont pour eux que lui et ses compagnons se sont battus. L'indifférence relative des Québécois vis-à-vis de la guerre le touche profondément, car c'est au prix de la vie de beaucoup de ses semblables que le monde occidental est ce qu'il est aujourd'hui et que la liberté tient encore le haut du pavé.

C'est pour lui une page d'histoire que personne ne doit oublier.

Propos recueillis par Richard Giguère de la Fondation Giguère.




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