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Christian Pépin
« Un rebelle donne sa vie à Dieu »


Michel René - Malgré l'amour de sa mère avec qui il entretenait de bonnes relations, malgré l'amitié d'un oncle qui l'emmenait parfois à la pêche, Christian Pepin s'est toujours senti malheureux, mal aimé et rejeté. Il avait une nature timide, renfermée. Vers l'âge de six ans, il entend à l'école une sour parler du Christ mort sur la croix pour sauver l'humanité. Ça le touche, ça vient le chercher. Il pleure. Il rentre chez lui et annonce tout de go à sa mère qu'il veut consacrer sa vie à Jésus.

Mais les événements le bousculent et sa timidité se transforme rapidement en agressivité. Comme pour s'affirmer, il devient vite un grand batailleur. Un jour, encore tout jeune, avec quatre autres garçons, ils décident de donner chacun un coup de poing à un autre élève qui ne leur plaisait pas. Quand arrive son tour de frapper, il en est incapable. Ses copains d'aventure le traitent de lâche, mais c'est là qu'il décide de défendre les plus petits, les plus faibles. Lui, il préfère affronter les gros, les durs. Et son instinct de bagarreur le motivera jusque dans la trentaine.

À dix-sept ans, il décide de laisser l'école. Son père lui donne trois choix : l'école, le travail ou vivre hors de chez lui. Il se trouve un emploi, s'endette, boit beaucoup et consomme des drogues pour le plaisir. Vers vingt-trois ans, il adhère à un groupe de motards et s'aperçoit qu'il est de plus en plus craint. Il cherche le trouble, aime la bagarre, il se défoule.

Toujours timide avec les femmes, il vit tout de même avec une compagne qui boit plus que lui et le bat. Ses principes lui interdisent de se défendre. Il la laisse faire jusqu'à ce qu'il la quitte. Il a 29 ans, il est seul et se bat de plus en plus. C'est ainsi qu'il rencontrera sa future femme. Un soir dans un bar, un gars le tasse un peu trop. Il veut s'en prendre à lui, mais le gars s'excuse, l'invite à prendre une bière et lui présente sa sour. Ils se marieront et auront deux enfants.

Mais la vie n'est pas facile. Il change souvent d'emplois, il déteste se faire manipuler et provoque ses patrons. Il s'associe à un ami pour ouvrir un bar à Montréal, mais les affaires tournent mal et il revient à Québec auprès de sa famille. Son épouse a commencé entre temps à fréquenter un groupe religieux. Il se méfie des sectes et décide de cheminer avec elle pour la protéger. Il la convaincra d'abandonner et, pour compenser, ils continueront à lire la bible ensemble.

Un dimanche matin à la télévision, il entend un prêcheur tenir le même discours que la religieuse avait tenu à propos de Jésus quand il était petit. Il se met de nouveau à pleurer, goûte à la grâce et au pardon, se sent libéré de sa prison et décide cette fois de vraiment donner sa vie pour le bien. C'est là qu'il commence à remettre aux gens l'argent qu'il pense avoir malhonnêtement gagné. Et, comme il n'avait jamais fait de prison, croyant le mériter avec tout ce qu'il avait pu faire, il décide d'aller y faire du bénévolat.

C'est ainsi qu'il fondera, sous l'initiative de l'aumônier de la prison et quelques membres, une aumônerie communautaire pour les ex-détenus, donnant ainsi la chance aux ex-détenus d'avoir un lieu de transition pour s'aider à réintégrer la société.

Christian Pepin a maintenant cinquante ans. Toute sa vie, il a cherché sa place alors qu'il avait su très jeune où elle se trouvait. Mais il lui a fallu traverser un long rite initiatique pour à présent réaliser ce qu'il a finalement toujours su être son destin.

Propos recueillis par Richard Giguère de la Fondation Giguère.




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