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j a n v i e r    2 0 0 6
Soeur Charlotte Couture
« Dieu seul pouvait suffire à la combler »


Michel René - Charlotte Couture est née à Lévis en 1924. Elle porte en elle un bagage d'histoire et d'aventures que le temps a inscrit au chapitre de l'amour et du don de soi. Troisième d'une famille de quatorze enfants, elle sut très tôt dans sa jeune enfance qu'elle allait offrir sa vie à Dieu. Elle sut suffisamment tôt également qu'elle voulait aider les miséreux et que seul le missionnariat pouvait satisfaire sa quête d'absolu. Mais elle avait le temps.

Vécues à une époque et dans un milieu familial propices à l'épanouissement chrétien, ses vingt premières années l'amenèrent à confirmer sa décision qu'elle cherchait cependant toujours à remettre à plus tard. À 20 ans survint la mort de son père qui n'en avait que 44 et qui laissait une épouse et quatorze enfants. Depuis trois ans qu'elle travaillait dans un bureau, elle allait débuter ses études d'infirmière, toujours dans le but avoué d'aller soigner les moins bien nantis. Mais elle devait composer avec l'absence du père, le courage de sa mère, l'organisation familiale et les besoins à combler. Elle fit donc du service privé pendant trois ans après ses études réussissant ainsi à aider sa famille et à accumuler la dote qu'elle devait offrir à sa communauté.

Car à 26 ans, sa décision était maintenant irrévocable. Trois ans plus tôt, un accident l'avait immobilisée pendant quarante jours qui lui permirent de réfléchir, d'atténuer ses luttes intérieures et d'arrêter sa décision. Elle entrait donc chez les Soeurs Missionnaires d'Afrique en 1950. Deux ans plus tard, elle prononçait ses premiers voux et se débarrassait de toutes choses matérielles. Le plus difficile fut de se détacher de sa famille heureuse. Mais elle se sentait en harmonie avec le Seigneur et l'appel était plus fort.

Après un an de formation à Alger, on lui attribue une obédience à Navrongo au Ghana. Surprise, on lui confiait la tâche de former des sages femmes. Ce qui entrait quelque peu en contradiction avec son éthique médicale. Mais, comme les voies du Seigneur sont impénétrables, elle dut partir 18 mois en Angleterre pour apprendre et parfaire sa nouvelle vocation. De retour au Ghana en mars 1955, on lui confia la direction d'un hôpital. En 1958, elle prononçait ses voux perpétuels à Navrongo. Tout allait d'étonnement en apprivoisement : l'apprentissage professionnel et administratif, celui de l'anglais et des langues autochtones, les déplacements, la chaleur et l'humidité, les nouvelles responsabilités, la confrontation des cultures et de la misère humaine, la vie religieuse et l'abandon de soi. Impatience et orgueil prenaient leur leçon.

En 1962, elle se rend au Burkina Faso où elle pratique deux ans comme infirmière et devient responsable d'une communauté à Bobo-Dioulasso. Elle traverse une période difficile, mais l'ampleur des tâches aide l'oubli. Et, comme elle dit si bien : « On dirait que le Seigneur nous en demande toujours plus pour ne pas que l'on oublie de s'appuyer sur lui. C'est sa manière à lui de nous façonner. »

Elle retourne au Ghana de temps en temps. En 1968, après seize ans à l'étranger, elle séjourne un an au Québec. Nouvelle adaptation dans sa terre d'origine. Puis elle retourne au Burkina pour trois ans. Après un autre séjour au Canada en 1972, elle se verra confier la responsabilité de la Maison généraliste en Italie pour 5 ans. Ce seront là de belles années. 1978 la voit revenir au Burkina Faso pour six ans où, en tant que Sour Provinçiale, elle supervisera les communautés du Ghana, du Mali et du Tchad en plus de celles du Burkina. Elle servira ensuite trois ans à Québec pour retourner encore au Burkina, mais dans la brousse cette fois. Trois mois plus tard, elle s'offre pour aller au Tchad, reconnu pour son instabilité politique et civile, où elle reste jusqu'en 1992. Elle a 68 ans. Retour définitif au Québec, à Cartierville chez les sours de la Providence pendant six ans pour, en 1998, s'installer à Québec, Chemin Gomin, pour continuer son ouvre parmi les siens. Depuis un an elle réside à la Maison Ste-Marie des Anges à Charlesbourg où elle est responsable des quelques sours de sa communauté qui l'accompagnent.

Vivre parmi les Africains, découvrir et respecter leurs différentes cultures selon le pays, lui auront permis d'acquérir de grandes valeurs quant à l'art de vivre avec eux : le respect, la solidarité, le partage et, avant tout, l'accueil de l'autre. «Quelle ouverture et quelle richesse de découvrir l'Afrique avec sa joie de vivre malgré la pauvreté, sa sagesse et son courage pour affronter le quotidien, la misère souvent. et avant tout se tourner vers Dieu avec Foi et confiance... lui qui se manifeste et se fait proche des plus démunis.»

En mars 2006, elle aura 82 ans et son jeune regard couleur de crépuscule en dit beaucoup plus long qu'elle n'a besoin d'avouer. Elle résume cela en disant : « Le Seigneur m'a séduite, mais jamais il ne m'a trompée. Il a comblé tout mon être. »




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