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Natacha Vachon
« Natacha au Nicaragua »


L'envie de voyager m'attirait depuis longtemps. J'avais envie de découvrir une nouvelle culture, d'être dépaysée, de voir ce que pouvait être la vie ailleurs qu'au Québec. J'avais également envie de découvrir mes forces et mes limites dans un contexte tout à fait différent de ce que j'avais connu jusqu'à maintenant.

Il a toujours été très clair pour moi que mon expérience de voyage devrait me mettre en contact avec les gens du pays, leur quotidien, leur réalité. J'avais le désir de m'engager dans un projet concret, de me rendre utile. J'ai fait la rencontre d'un membre du personnel du Groupe d'entraide international Spirale, un organisme qui offre des stages de coopération internationale au Nicaragua depuis maintenant près de dix ans, et quelques mois plus tard je m'envolais pour Managua au Nicaragua.

Mon expérience à Nandaine, une petite ville au sud-est de Managua (capitale du pays), s'est déroulée principalement au Centre communautaire Oscar A. Romero. J'avais le choix de m'impliquer dans l'un ou l'autre des projets du centre communautaire, j'ai choisi de m'impliquer dans la boulangerie qui était en activité depuis 1997. Le matin, j'allais rejoindre les femmes et nous faisions le pain qui était par la suite distribué aux vendeuses pour la vente quotidienne.

J'ai rencontré des gens qui, malgré le peu de moyens dont ils disposent, sont d'une très grande générosité. Une fois la méfiance de la première rencontre dissipée, je découvrais des gens chaleureux et accueillants. Ils ont l'esprit de famille, ce qui semble être l'élément central de leur vie et le travail ne les arrête pas. Ils m'ont manifesté une belle affection et, à mon départ, ils m'ont fêtée en me servant du poulet, ce qui semble-t-il, est très rare dans leur communauté.

J'ai été malheureusement témoin de beaucoup de pauvreté. Des gens qui ne mangent pas à leur faim, qui sont mal logés, sans feu ni lieu pour beaucoup et sans travail la plupart du temps. L'écart immense entre les riches, une élite très réservée, et les pauvres, la majorité, est très évident. L'inégalité des chances pour accéder à l'éducation, à la propriété et au marché du travail l'est tout autant. Et, nul n'ignore le haut niveau de corruption des dirigeants du pays responsables en grande partie de l'appauvrissement généralisé de la population. Il est très difficile de voir tant de potentiel humain gaspillé par si peu de possibilités et de moyens pour les développer. Par contre, la solidarité, l'entraide et la générosité des gens nous marquent à jamais.

Mon regard sur le monde a évidemment changé pendant mon séjour là-bas. J'ai pris davantage conscience de l'exploitation des pays pauvres par des pays riches motivés uniquement par des considérations purement économiques. J'ai acquis une plus grande ouverture d'esprit et j'ai compris notre chance de vivre dans un pays riche. J'ai un regard plus critique à présent sur la société dans laquelle je vis, sur ses valeurs, ses possibilités et ses limites.

À mon retour, une question m'habitait. Là-bas, la misère prévaut, mais les jeunes s'accrochent à la vie et le taux de suicide est presque inexistant. Pourquoi alors, au Québec où nous évoluons dans une belle aisance et dans une société des mieux organisées, pourquoi le taux de suicide (surtout chez les jeunes) est-il si élevé ? Faudrait peut-être mieux y réfléchir !





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