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Ghislaine Dalpé
« Le combat difficile d'une jeune femme pour sa survie et celle de ses enfants. »


Michel René - Ghislaine Dalpé vit dans la région de Québec depuis maintenant deux ans. À trente et un ans, elle fuit encore un passé de violence. Elle croyait s'en être tirée, mais les circonstances l'ont menée dans la pauvreté dont elle a beaucoup de difficultés à se défaire. Voici son histoire.

Née d'une mère violente et d'un père abusif, pour autant qu'elle se souvienne, Ghislaine Dalpé a trois ans quand sa mère se remarie. Son premier mari, dont Ghislaine ne porte plus le nom, est reconnu pédophile notoire. La mère use de violence physique et psychologique envers ses enfants.

Elle a treize ans quand sa mère divorce de son deuxième mari. Cette dernière prend un amant et vit plus chez lui qu'avec ses enfants. Elle les délaisse de plus en plus et vient les voir de temps en temps. Ghislaine s'occupe de la maison et des repas tandis que son frère aîné, 15 ou 16 ans, doit subvenir aux besoins financiers. Sa mère se remariera même une troisième fois avec un homme père d'une fillette de trois ans sur qui elle s'en prendra violemment.

Quant à son père dont elle ne connaissait que peu de choses sinon sa maladie, elle voudra le rencontrer alors qu'elle a quinze ans. Mais la rencontre se solde par un échec. Ghislaine est seule dans la vie et ne peut compter que sur elle-même. Alors, pour fuir son milieu, elle accepte de vivre avec celui qui deviendra le père de ses deux premiers enfants et qu'elle croyait aimé. Sa fuite l'amène cependant à revivre des schémas trop semblables. Son conjoint est violent et possessif. Elle le quitte sept ans plus tard.

Alors, elle rencontre un autre homme, plus gentil, qui aime tout de suite ses deux enfants et avec qui elle en aura un troisième. Deux, trois ans passent et voilà que le couple bat de l'aile. Lui travaille trop, il est toujours absent. Elle, elle fuit toujours son passé et trouve la vie trop exigeante. Elle a besoin d'aide et sa façon de la demander passera par une tentative de suicide. C'est à partir de cette période qu'elle regagnera, à l'aide de thérapeutes et autres professionnels, son estime de soi, son goût de se battre pour elle et pour ses enfants.

Par la suite, ils décident de repartir à neuf en se lançant en affaires dans la restauration, mais les affaires tournent mal. Ils perdent tout. Son conjoint se laisse prendre par une grande dépression physique et morale. Usée, craintive, n'en pouvant plus, pensant qu'elle pourrait mieux s'en sortir seule, Ghislaine lui dit de s'en aller. C'était en mars 2004.

Depuis ce temps, sans revenu, en attente d'aide sociale, juste avec les allocations familiales, elle cherche désespérément comment s'en sortir. Elle termine son 5e secondaire et veut entrer au cégep en technique infirmière pour enfin pouvoir subvenir honorablement à ses besoins et à ceux de ses trois enfants.

Elle sait à présent qu'elle est la seule responsable de son bonheur. Jours « creux », jours heureux, ses trois enfants la tiennent. Elle a retroussé ses manches et avance pas à pas dans une vie difficile, mais dont elle sait qu'elle pourra en sortir grandie. Elle sait aussi que beaucoup de femmes ont été et sont encore victimes de violence et c'est promptement, avec une belle détermination, qu'elle réagit à ces situations quand elle les constate. C'est pour cela qu'elle n'a pas hésité dernièrement à intervenir auprès d'une voisine battue par son mari en l'incitant à ne pas se laisser faire et à composer le 911.

Vaincre la peur des représailles est le pas le plus difficile à franchir dans ces situations, mais, pour Ghislaine Dalpé, cette première étape mène inévitablement vers une meilleure qualité de vie.




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