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Denis Tondreau
« Quand l'épreuve fait la force »


Michel René - Il y en a pour qui le destin est plus brutal que d’autres. C’est le cas de Denis Tondreau qui a été victime du gros accident survenu le 24 juillet 1999 sur l’autoroute 20 près de Saint-Michel de Bellechasse. Un camion-citerne a aplati son auto après en avoir percuté deux autres. Il y a perdu son épouse et plusieurs longues et difficiles journées de sa vie. Il a dû réapprendre lentement à vivre.

Il ne se souvient de rien. Ni de ses quinze jours de coma, ni de l’accident. Traumatisme crânien sévère, omoplate cassée, tête et autres parties sérieusement amochées et… veuf. On ne lui a appris la perte de son épouse qu’un mois après les événements. Il n’osait poser la question de peur de se faire confirmer ce qu’il redoutait en son for intérieur. Plus tard il le saurait, plus fort il serait. Mais revenir d’un coma n’est pas chose aisée. Ça s’est fait graduellement à travers de longues périodes de sommeil et de phases « entre deux mondes », comme il dit. De tempérament calme et patient, il restait stoïque devant les incongruités de ses faits et gestes. Un an d’hôpital et de centre de réadaptation et un bon cinq ans avant que s’atténuent sensiblement les séquelles. Et un grand sentiment de culpabilité face à la perte de sa conjointe. Pourquoi elle, pourquoi pas lui? Et ça a passé.

« J’voudrais bien dire que j’ai choisi de vivre, mais non, ça s’est fait tout seul. » D’abord faire le deuil de sa femme, de son job, de son autonomie. Tout un carrousel de questions sans réponse. Puis il se dit, « j’arrête les questions sans réponse, puis j’avance. » Aucune colère, aucun sentiment de révolte. À quoi bon chercher des coupables, des fantômes! La vie est là qui attend d’être reconquise. Et c’est effectivement vers une reconquête de la vie que Denis Tondreau est reparti.

Avant son accident, Denis ne se posait pas beaucoup de questions sur la vie. Après son accident, tout prenait un sens différent et s’installait dans une urgence de vivre. Un peu après sa sortie de François Charron par exemple, il passe devant une école de karaté et comme, y ayant déjà pensé, il avait toujours remis cela au lendemain, il décide d’y entrer en se disant « demain, c’est aujourd'hui ». Près de six ans plus tard, toujours adepte de cet art martial, il reconnaît sa bonne décision. Le karaté lui a apporté mobilité, équilibre, concentration et confiance en soi et, par-dessus tout, le contact humain. Bon communicateur, il aime le monde, il aime la vie. Il se sent apprécié des gens et plus ouvert à tous points de vue qu’auparavant.

Il a réappris à être heureux. Doté d’un bon sens de l’humour, il avoue s’amuser à présent. Toujours très occupé, bénévolat, sport, rencontres sociales et sommeil (encore), il trouve toujours du beau dans son quotidien. « Je pense que j’ai grandi. À partir d’un incident qui aurait pu détruire ma vie, j’ai réussi à reconstruire quelque chose. Au fond, je suis fier de moi, et, seulement le fait de dire que j’ai réussi à revivre, ça fait du bien. »

Voilà un gars qui ne se laisse pas abattre parce qu’une « van » lui a passé sur le corps…




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