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Marco Bourbon
« Vivre ailleurs pour mieux se retrouver »


Michel René - Originaire de Bordeaux en France, Marco Bourbon vit au Québec depuis juin 2004. Il y a le Français, il y a l’individu. Il y a l’être humain qui arrive forgé par une éducation, une formation et un bagage culturel différents des nôtres. Il n’est pas arrivé avec la prétention de tout connaître; au contraire, il cherche à apprendre, il cherche à voir, il cherche à savoir. Il cherche le vrai, la sincérité, la vraie relation humaine. Alors, comme il tire avantage à nous connaître, nous avons cru qu’il en serait de même pour la réciproque.

Pourquoi le Canada, pourquoi le Québec? Marco a passablement voyagé en Europe. Il y a sept ans (il en avait vingt-deux), il est venu à Toronto et à Montréal. Il avoue ne pas trop savoir pourquoi il a choisi notre région. Probablement pour la langue, pour les similitudes, mais aussi pour les différences, les surprises, la diversité culturelle et bien sûr pour l’aventure. Pour lui, comme pour beaucoup d’Européens, le Canada est une terre d’accueil, d’abondance, de grands espaces, de grande et belle nature, de joie de vivre et de qualité de vie. Un monde de paix en pleine évolution. Il se dit attaché aux valeurs amérindiennes, à l’union entre l’homme et la nature, au respect qu’on leur porte. Il accorde également une bonne importance à l’éloignement. Ça fait partie de sa quête. Lui qui se dit athée, reconnaît qu’il est proche de la quête spirituelle, de l’expérience mystique. Les rencontres qu’il fait depuis quelque temps, les lieux qu’il découvre, participent d’un étrange hasard. Il ouvre son esprit et les barrières qu’il avait autrefois dressées s’amoindrissent devant des incertitudes qui le questionnent. Il n’aime pas rester figé dans ses constatations, il cherche à comprendre.

Il a commencé par retourner aux études pour ajuster à nos exigences sa formation en comptabilité, domaine dans lequel il travaille à présent depuis plus de huit mois. Il vit donc au quotidien la vie du Québécois moyen. Étant seul, l’aspect affectif lui manque, mais il découvre beaucoup de satisfaction à la solitude. Liberté d’action, liberté de relation, liberté et temps de penser, de méditer. Solitude précieuse à la connaissance de soi, à la découverte de l’autre. Parfois la tristesse l’envahit, mais il s’en sert comme tremplin, comme source d’énergie pour toujours foncer plus loin dans son cheminement personnel.

Il est avec nous depuis plus de deux ans et il reste encore étonné de voir à quel point nous vivons dans un immense paradoxe. Favorisés que nous sommes, il s’explique mal les statistiques alarmantes au sujet des dépressions, du stress et du taux de suicide, chez les jeunes particulièrement. Il comprend mal que nous nous plaignons tant, que nous exprimions si aisément un mal-être qui, à ses yeux, demeure incompréhensible.

Il compte bien rester avec nous encore quelques années. Bien qu’il ait eu de la difficulté à s’intégrer, son choc culturel s’atténue. Il apprend la tolérance, il découvre les nuances. Les comparaisons qu’il est tenté de faire s’inscrivent dans un magma de questions dont il reste à trouver les réponses. Alors, il revoit ses positions et ne demande pas mieux qu’on vienne l’instruire de ce que nous sommes. Ainsi découvrira-t-il enfin qui il est lui-même.




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