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Éveiller le cerveau à ce que le cour sait déjà

Michel René - Entre cour et raison, tout un monde de transition, tout un monde à franchir. La plus belle liaison en même temps que la plus grande opposition. Chacun se retranche dans ses sillons, soupçonnant l'autre de l'ignorer. Une incroyable méfiance s'est installée. Et si le cerveau se sent assez fort pour seul fonctionner, le cour en silence voudrait bien l'aider. Le cerveau est solitaire, le cour est solidaire.

Le cerveau sert à nos automatismes, à notre mécanique. C'est l'ordinateur de bord. C'est le générateur d'idées, de concepts, d'anticipations. C'est le calculateur, le comptable de nos dépenses corporelles. C'est lui qui pèse sur le bouton respirez/expirez, clignez des yeux, baillez, reniflez, retirez votre doigt vous allez vous brûler, vérifiez vos organes vitaux et libérez vos intestins. Il englobe la raison et la pensée, celles dont on parle finalement.

Le cour, l'organe, y est soumis d'une certaine façon, d'une façon certaine. C'est lui qui s'occupe de la circulation et du rythme vital. Mais ce que l'on appelle ici le cour, c'est cette flamme qui brûle en dedans de nous; c'est ce feu permanent, cette étincelle durable qui permet à l'homme une connaissance intuitive et émotive des choses et des êtres avant même d'en avoir calculé ou analysé les tenants et aboutissants. C'est le centre secret de notre être d'où surgissent les sentiments. Pourrait-on le nommer âme?

Mais lequel du cour ou de la raison se rapproche le plus de la vérité? Vous êtes-vous déjà arrêté à y penser? En entrée de jeu, j'oserais vous dire que j'ai plutôt tendance à penser que c'est le cour. N'entendons-nous pas souvent dire que la vérité est au fond de chacun de nous? Mais parfois le fond du cour est plus loin que le bout du monde. On a tout un périple à entreprendre pour arriver à s'y retrouver et pour cheminer vers ne serait-ce qu'un brin de vérité, qu'un brin de connaissance universelle, qu'un brin d'unité. Tandis que le cerveau, droit, froid et musclé ouvre porte et chemin en toute rapidité, en toute rigidité. Il a beaucoup tendance à penser qu'il peut seul s'en tirer.

Blaise Pascal disait : « Le cour a ses raisons que la raison ne connaît point. » Plus près de nous, Paulo Coelho écrit : « Personne ne peut fuir son cour, c'est pourquoi il vaut mieux écouter ce qu'il dit. » J'ajouterais que « sans état du cour, la raison n'a plus sa raison d'être! Sans l'écoute du cour, le cerveau devient dur comme un coco! » Car à quoi servirait-il à l'homme d'agir qu'avec un esprit cartésien, un esprit rationnel? C'est beau la logique, c'est bien les belles démonstrations mathématiques, statistiques, empiriques ou de n'importe quel « ique », c'est nécessaire, j'en conviens, mais, à mon avis, c'est comme mettre une bûche au poêle sans y mettre le feu.

C'est évidemment la concordance des deux sphères confrontées et harmonisées qui fait de l'être humain ce qu'il est. Non pas une machine, un robot, un clone, mais un être subtil, nuancé; non une moitié, mais un tout, une entité complexe et capable de générosité, de sympathie, de compassion, de compréhension, d'humour, un être d'amour.

Comment fait-on pour savoir quand notre cour nous parle? Il suffit de l'écouter. C'est lui généralement qui parle le premier. Et, chose curieuse, dans ces cas, l'esprit ne regimbe pas. Et c'est là que se trouve la vérité, quand le cerveau dit au cour qu'il a bien raison.




Veuillez noter que l'opinion exprimée dans ce texte n'engage que l'auteur. La Fondation Giguère n'endosse pas nécessairement ces propos.



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