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Février 2016
Voyage au coeur de l'amour


Michel René -

On cherche, on cherche et l'on cherche encore. Nous croyons avoir trouvé? Les chemins se détériorent, les carrefours se multiplient, les distractions nous dévient, les obstacles nous arrêtent, les sols mouvants dans les déserts d’incertitudes nous empêtrent, les destinations s’avèrent des relais et nous nous devons de continuer. Toujours et toujours. Nous pensons être parvenus au bout de nos désirs, de nos espoirs, tout est à revoir, tout est à refaire, tout le temps.

L’amour, c’est l’amour. On a beau emprunter les chemins que l’on veut, les chemins que l’on croit les meilleurs, l’amour est un pays aux frontières variables. Et, quelle que soit la forme qu’on lui découvre, les limites qu’on lui impose, les variations qu’on lui concède, l’apparence qu’il prend à la géographie de nos désirs, l’amour est au cœur de toute démarche et le cœur de l’amour restera toujours le même. À nous de savoir le découvrir. L’amour est un tout inclus, tout autant formé par la quête que par le but.

L’amour n’est pas un lieu où l’on se rend, c’est un lieu qui vient à nous. Nous entrons au pays de l’amour bien souvent sans savoir que nous avons traversé la frontière. Pas de papier, pas de contrôle, la liberté comme passeport, la bonne volonté comme bagage, la peur au ventre face à l’inconnu, l’envie d’arriver avant d’être parti. L’amour est le pays à la fois le plus attractif et le plus déboussolant. Le risque de tout perdre n’a d’égal que la chance de tout gagner. L’amour fait mal quand on se trompe de direction, l’amour fait bien quand il nous montre la direction.

Car l’amour nous appelle. Il nous fait voyageur au pays des sentiments. L’aventure est grande et sans limites pour qui se laisse embarquer. Bien ou mal préparé, on entre au pays de l’amour sans bagages, tout ouvert aux surprises de la découverte, affranchi des liens précédents, insouciant des inconvénients ou des obligations, ragaillardi par la nouveauté, tout blanc du noir qu’on vient d’effacer. L’esprit léger, les yeux pétillants, tout attentif à la compagne, au compagnon, devançant ses désirs, embellissant nos souvenirs, s’en créant de nouveaux. L’amoureux est un artiste insatisfait, toujours sur son métier il en remet.

Et l’amour devrait toujours être ainsi. Remettant sans cesse son état et ses frontières en question. L’amour ne devrait jamais s’embourgeoiser. Il est douce révolution, toujours en action, toujours en question, toujours en émotion. L’amour atteint toute sa grandeur dans le mouvement et dans l’élan des cœurs. L’amour est généreux pour ceux qui l’habitent, et pour ceux qu’il habite. Car, paradoxalement, l’amour est tout autant en dedans qu’au dehors. Être voyageur au pays de l’amour implique qu’on laisse aussi voyager l’amour en nous.

Toutefois, un grand danger subsistera toujours en ce pays de grands sentiments. Ce danger, comme un terroriste qui s’insinue lentement parmi ses ennemis, reste toujours à l’affût de la moindre occasion pour intervenir. Il guette. Il attend la fatigue, l’ennui, la contradiction, la querelle ou, plus insidieusement, la routine pour enfin intervenir. Ce danger s’appelle l’indifférence.

Alors, si vous êtes déjà au pays de l’amour ou que vous espérez vous y rendre, restez ou soyez vigilant. Ce pays en constante transformation vous comblera si vous lui donnez ce qu’il attend de vous. Il vous grandira si vous le grandissez, il vous chérira si vous le chérissez et il vous aimera si vous l’aimez. Et dites-vous une chose si vous en sortez un jour ou l’autre, vous pourrez le retrouver, vous saurez le reconnaître, car quelle que soit la forme qu’il prend, il garde toujours en filigrane la forme du cœur.

Bonne Saint-Valentin!




Veuillez noter que l'opinion exprimée dans ce texte n'engage que l'auteur. La Fondation Giguère n'endosse pas nécessairement ces propos.



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