Clavardez avec nous !


f é v r i e r    2 0 0 9
L’amour, langue morte?

Michel René - Non! L’amour parle trop fort pour ne pas se faire entendre. L’amour a trop de choses à dire pour se taire. L’amour a trop de façons de s’exprimer pour penser qu’il n’est pas langage, l’amour utilise tous les langages. L’amour est universel, il est polyglotte, on l’exprime et on le partage dans toutes les langues de la planète. Le langage de l’amour transcende les langues et la phonétique, il se dit et se manifeste de toutes les manières, dans toutes les sphères, dans toutes les circonstances et dans tous les sens. L’amour est partout, il n’a ni début ni fin, il se conjugue à tous les temps, du passé simple ou compliqué au futur conditionnel en passant par le présent, l’imparfait et le plus-que-parfait. Et quand l’amour se tait, il parle encore plus fort, son silence n’en est que plus éloquent.



L’amour a seulement besoin de nous pour exister. Sans nous, il n’aurait aucune correspondance, aucune efficience. Il serait comme un soleil solitaire inutile dans son vain rayonnement. Il en viendrait à imploser. Sommes-nous enfants de l’amour ou est-ce nous qui enfantons l’amour? Est-ce lui qui nous crée? Ou est-ce nous qui l’avons créé? Quelles que soient les questions que l’on se pose, l’amour existe, nous ne pouvons que l’admettre, le reconnaître, le faire nôtre, le partager, et, curieusement, plus on en donne plus on en a, plus il nous en reste. Non! Nous sommes les satellites de l’amour. Nous sommes porteurs d’amour. Et l’amour nous porte, et… parfois même nous transporte. C’est dire que nous ne faisons qu’un avec lui. Il nous lie à lui, nous le lions à nous. Nous faisons un tout en somme. Nous sommes inséparables.

Et c’est parce que l’on sait que la haine, son contraire, existe que l’on privilégie l’amour. Car la haine, loin de nous unir, nous divise. La haine déchire, blesse, brise, détruit, tue et, si elle crée, elle ne crée que tensions, dissensions, malversations et déceptions. Alors que la haine est négation, l’amour est création. La haine c’est le chaos, l’amour l’organisation. Car autour de l’amour se greffent les bourgeons de tous les espoirs, de tous les bonheurs, de toutes les espérances. Autour de l’amour se greffe l’amour. L’amour est tellement puissant qu’il s’autorégénère. Et à la haine, l’amour ne répond que par l’amour, car il ne saurait avoir d’ennemis.

Mais il est une chose dont l’amour se méfie beaucoup plus : l’indifférence. Voilà le vide dans lequel il n’aime pas se perdre. Il en perd presque que tous ses moyens. L’indifférence, c’est l’univers de glace, c’est la froideur de la non-existence, c’est la prison des émotions, c’est le trou noir des relations. Rien n’en ressort. C’est l’antichambre de toute mort. C’est l’antithèse de toute communication. Paradoxalement, c’est là que faiblit l’indifférence et c’est là, très souvent, que resurgit l’amour. Car l’amour est patient et l’amour sait dire les choses. Comme l’indifférence manque de vocabulaire, l’amour sort son dictionnaire. Les maux de l’un s’effacent sous la puissance des mots de l’autre.

L’amour, langue morte? Pas du tout. L’amour est intemporel. Il existait avant qu’on le nomme, il chantait déjà avant qu’on apprenne à parler, il racontait avant qu’on apprenne à écouter, il nous aimait avant qu’on apprenne à aimer. Il est en nous, nous sommes en lui. Il nous parle en dedans aussi bien qu’en dehors. Et s’il était là avant nous, il nous attendait. Alors, soyons à son écoute, il a des choses à nous dire.

Bonne St-Valentin!



Veuillez noter que l'opinion exprimée dans ce texte n'engage que l'auteur. La Fondation Giguère n'endosse pas nécessairement ces propos.



Accueil_A propos_Produits_Entrevues_Philosophie_Michel René_Clifford Cogger_Pensées_Prières_Textes_C@rtes virtuelles_Clavardage_Liens_Contact

2001-2012, Fondation Giguère.
Version 3.0.