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Symphonie en soleil majeur

Michel René - Juillet, c'est le mois pour jouir du plein été. Alors, jouissons! C'est le temps des vacances, c'est le temps d'être léger. C'est le temps de prendre son temps. Tout est au rendez-vous pour nous y inviter : plein air, chaleur, lumière, odeurs, couleurs, saveurs, polyphonie des sons divers jumelés aux sons d'été et. projets de fuite.

J'aime l'été. J'ai toujours aimé cette saison. Je la préfère à toutes les autres. En vieillissant, je constate que l'été prend de plus en plus d'importance. Arrive un jour, où on voit bien qu'il nous en reste moins à vivre qu'il y en a de vécus. Alors, je sens le besoin de bien en profiter et de m'attarder à tout ce qui pourrait le rendre encore plus précieux. Je laisse l'été m'emporter. Je me laisse aller à l'errance, à la rêverie. Je me laisse aller à plus d'insouciance, à plus de farniente. Je me laisse être avant d'avoir été.

Je vois. Je vois les couleurs du jour et celles de la nuit. Je vois les soleils matinaux et les crépuscules hésitants. Je vois des couchers de soleil à couper le souffle. Je vois des clairs de lune à nous faire aimer les ombres. Je vois des camaïeux de verts et une multitude de couleurs surprenantes qu'offrent fleurs éphémères et arbustes fleuris. Je vois le bleu des lacs, le gris des fleuves et l'émeraude des mers. Je vois les champs et les montagnes vêtus d'espérance, je vois des paysages variant aux heures du jour, aux couleurs du temps. Je vois les gens vêtus de moins et souriant de plus.

J'entends. J'entends le bruit que mes fenêtres laissent entrer. J'entends le gazouillis des oiseaux à l'heure où je devrais rêver que je vole. J'entends la vie des petits matins s'agiter à petits pas dans le brouhaha quotidien. J'entends la nature me dire qu'elle souffre et qu'elle bruira de plus en plus fort pour qu'on ne l'étouffe pas. J'entends les murmures du vent dans le faîte des arbres. J'entends le silence de l'isolement au sommet d'une montagne une très chaude journée d'été. J'entends les enfants s'égayer. J'entends les gens se raconter, j'entends les gens se mettre à chanter.

Je sens. Je sens la nature, l'engrais, les battures. Je sens la forêt, les champs, les rives et l'espace où je suis. Je sens les moissons. Je sens l'ivresse des soirs et la douceur des nuits. Je sens le temps des fraises et celui des petits fruits. Je sens les huiles à bronzage et les parfums légers. Je sens le soleil qui me brûle et le cour qui s'enflamme. Je sens les repas qu'on prépare et le chlore qu'on répand. Je sens le feu du bivouac et l'amitié qui l'alimente. Je sens la vie qui transpire, la vie qui vit. Je sens les gens qui sentent la vie.

Je goûte. Je goûte léger, je goûte frugal. Je goûte jardin, je goûte exotique. Je goûte l'apéro rafraîchissant. Je goûte l'eau qui ne goûte rien, mais que mon corps réclame. Je goûte des mets d'été, des mets d'ailleurs. Je goûte au plein air et à ses saveurs particulières. Je goûte à la solitude des matins de rosée. Je goûte aux balades dans les coins retirés. Je goûte et je dégoutte.

Je touche. Je touche le sol qui me porte. Je touche le sable des plages et les bouts de quais achalandés. Je touche l'eau sur laquelle je flotte. Je touche l'aviron qui me mène, le poisson que je capture. Je touche humide la chaleur qui écrase. Je touche la lumière et ses reflets sur ma main. Je touche la soirée douce que je voudrais étirée. Je touche ma douce quand je suis à ses côtés. Je touche les gens qui me touchent. Je touche pour me rassurer que je suis et je suis heureux d'être touché par la vie.

Bonnes vacances!



Veuillez noter que l'opinion exprimée dans ce texte n'engage que l'auteur. La Fondation Giguère n'endosse pas nécessairement ces propos.



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