Clavardez avec nous !


Juillet 2012
Avoir cent ans...Mort ou vivant?

Michel René -

Je ne sais pas si je m’y rendrai, j’y suis mal préparé. Je suis du genre à vivre au jour le jour, à vivre le moment présent. M’est cependant venue l’idée de regarder le chemin à parcourir pour atteindre cent ans. Ou la maladie nous aura épargné, ou nous serons cacochymes et valétudinaires. Nous n’y pouvons rien, nous sommes tous soumis aux affres de la vie, aux effets négatifs de l’environnement, au stress, aux microbes, aux épidémies, aux catastrophes, à la déchéance physique et aux mauvais coups du destin. Mais, l’espérance de vie rallonge continuellement. L’humanité verra de plus en plus de centenaires apprenait-on dernièrement et des centenaires de plus en plus en forme. Actuellement, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’espérance de vie au Canada pour un homme est de 78,7 ans et pour une femme de 83,8 ans. On a encore du chemin à faire.

C’est permis d’espérer. Et comme l’espoir est la pierre angulaire d’une vie bien réussie, on devrait en mettre tous les matins dans nos céréales. Mais là comme ailleurs, il faut faire attention aux céréales que l’on mange, elles pourraient bien porter des vecteurs de maladie et de déficience. La céréale idéale s’appelle bonheur, à prendre chaque matin de bonne heure autant que possible. Un gros bol de bonheur, chaque jour mêlé d’espoir et d’amour, nourrit pratiquement jusqu’au soir.

Arrive un âge où les inquiétudes commencent à nous chatouiller. Qui n’a jamais fait attention à sa personne commence à penser qu’il faudrait peut-être changer. C’est bien, le goût de vivre reprend sa place. Notre esprit combatif nous fait de plus en plus prendre conscience que nous devons prendre soin de notre santé, de nos finances, de nos vues sur l’avenir et du nettoyage de nos souvenirs. Car, qui ne porte pas des blessures qui font souffrir? Et la souffrance est sournoise, elle est mère de maux qu’on ignore jusqu’au jour où ils se manifestent. Les vilains. Ils s’amusent à nous faire voir de mauvais lendemains. Et c’est pour cela qu’il faut en remettre chaque matin, de l’amour et de l’espoir.

Les rêves obscurs et souvent incompréhensibles qui hantent nos sommeils agités en disent beaucoup sur notre état de vie. Il nous faudrait davantage les écouter. Ils nous viennent d’un ailleurs incontrôlable, mais ils se forgent de nos perceptions quotidiennes conscientes ou inconscientes. Quel travail en perspective! La paresse au réveil nous en fait oublier une grande partie. Alors, pourquoi ne pas nous servir de nos nuits pour exulter, pour extirper les mauvais états d’âme? Voyager au cœur de notre cinéma nocturne à la recherche d’éléments révélateurs de notre vraie nature? C’est une soupape qui s’ouvre pour nous libérer du poids de notre condition existentielle. C’est le ciel sur fond noir qui permet à la lumière de poindre au réveil.

Fixer à cent ans notre espérance de vie n’aiderait-il pas la vie à nous garder plus longtemps en vie... et en santé? Mais nous savons tous qu'en partant avant cette échéance, nous resterons en vie encore un temps dans l’esprit de nos amis, de nos amours, dans le souvenir des autres, dans les regrets de nous voir nous en aller. Et un jour, comme tous ceux qui ne sont pas invités au dictionnaire des grandes personnalités, l’on nous oubliera. Et nous tous, de l’autre côté de la vie, si ce passage existe vraiment, nous nous tordrons de rire. « Vivez, si m'en croyez, n'attendez à demain. Cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie », disait Pierre de Ronsard.

Des commentaires ? Réagissez en cliquant ici.


Veuillez noter que l'opinion exprimée dans ce texte n'engage que l'auteur. La Fondation Giguère n'endosse pas nécessairement ces propos.



Accueil_A propos_Produits_Entrevues_Philosophie_Michel René_Clifford Cogger_Pensées_Prières_Textes_C@rtes virtuelles_Clavardage_Liens_Contact

2001-2012, Fondation Giguère.
Version 3.0.