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Voulez-vous savoir ce que je pense?

Michel René -Ça prend toute sorte de monde pour faire un monde. La preuve… c’est que j’en fais partie ! Ne serait-ce pas là ce que chacun de nous devrait se dire ? Car, au fond, ne vous est-il jamais arrivé de penser que si le monde tournait de la façon dont vous voudriez qu’il tourne, tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes ? Souriez si vous voulez, mais réfléchissez bien avant de dire « Mais non, mais non ! J’ai jamais pensé ça. » On a plutôt tendance à dire « Voulez-vous savoir ce que je pense ? »

« Malheureusement, tout le monde est différent. » Voyez-vous, cette phrase comporte un jugement négatif. Pourquoi « malheureusement » ? J’aurais dû dire : « Quoi qu’il en soit » ou « Après tout » ou « De toute façon ». Oui, tout le monde est différent, fort heureusement (jugement positif).

Nous jugeons tout de notre point de vue, c’est évident. Quiconque se targue de ne pas juger, juge sûrement cent fois plutôt qu’une. C’est inévitable. Positivement ou négativement. Nous avons constamment à nous adapter aux choses de la vie, aux gens, que ce soient des amis, des connaissances ou des étrangers. Chaque chose nous plaît ou nous déplaît. Nous aimons ou nous n’aimons pas. Plusieurs choses nous heurtent ou risquent de nous heurter à tout moment. Nous avons une opinion à nous faire sur tout. Sinon c’est la nonchalance et l’indifférence. C’est toujours bon de savoir pourquoi on accepte ou on rejette une chose, un événement ou une personne. Bien que parfois on ne sache pas trop pourquoi. Nous ne pouvons avancer dans la vie sans paramètres.

Juger se fait pour la plupart sans y penser, sans l’exprimer, parce que ça fait tout naturellement partie de la vie. Les autres sont ce qu’ils sont et nous devons conjuguer avec nos relations et la façon d’être du reste du monde. Nous acceptons la différence, nous acceptons le « je-ne-ferais-pas-ça-comme-ça-mais-tant-pis-ça-lui-appartient ». À chacun d’accepter les conséquences de ses actes. Et la vie continue…

Certains jugent plus ouvertement. Ils expriment leurs opinions, accusent quelquefois sans trop connaître le fond du sujet, mais ça a fait du bien de le dire, on pourra toujours se rétracter si l’on s’est trompé. On passe à autre chose. C’est habituellement sans conséquence.

D’autres, par contre, se sentent dérangés, parfois même « trop » dérangés, et vont jusqu’à intervenir dans l’ordre des choses en condamnant à l’avance quiconque est soupçonné d’un acte criminel ou anti-social. Nous en avons très souvent des exemples aux nouvelles quand on nous relate le harcèlement dont sont victimes les « présumés » criminels, les « principaux témoins retenus dans l’affaire », ils sont déjà condamnés avant même que justice soit faite.

Comme l’écrivait La Bruyère au XVIIe siècle, dans ce qu’on pourrait également qualifier de jugement : « C’est une grande misère que de n’avoir pas assez d’esprit pour bien parler, ni assez de jugement pour se taire. » Le silence est d’or et la parole est… engageante, sans être toujours vérité.

Vous voyez qu’on n’y échappe pas. Et il est une chose que nous ne devons pas négliger de penser, nos jugements nous jugent nous-mêmes bien plus qu’ils jugent les autres, les choses ou les événements. Et c’est d’un fait dont nous sommes tous responsables. Un rien peut transformer un fauteuil de juge en banc d’accusé et faire en sorte que même un innocent se retrouve au ban de la société.

Devrions-nous augmenter le nombre de fois qu’il faut se tourner la langue avant de parler ?



Veuillez noter que l'opinion exprimée dans ce texte n'engage que l'auteur. La Fondation Giguère n'endosse pas nécessairement ces propos.



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