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Dis, quand reviendras-tu ?

Michel René - L'hiver a ceci de beau, il enfante les printemps. Comme un grand ventre blanc d'espérance, il nourrit en secret la nature en latence, et prépare les couleurs des saisons à repeindre. Tout ce blanc silence, toutes ces brises frissonnantes, tout ce givre sans teint, tout ce froid des matins, tous ces ciels gris des nuages que ponctuent des soleils sourire, toutes ces nuits trop longues et ces jours trop timides ne sont que signes d'attente d'une naissance à venir.

Mars, comme un ange annonciateur, nous ramène à la vie. Les jours s'étendent et se réchauffent aux plages des neiges qui se retirent. Quelques sursauts d'hiver, qui s'attarderait bien sur son lit défait, cèdent à la terre le soin de tout remettre en état. Cet entre-deux nous laisse pantois, impatient de tout redécouvrir, chassant les rebuts d'hiver qui traînent au lit, accueillant ce début de printemps qui s'entraîne à la vie. Mais, par chez nous, le printemps n'est jamais pressé. Il laisse à l'hiver le soin de se faire à l'idée. Une glace bien prise ne cède pas facilement sa place. Et, bien sûr, des pluies seront nécessaires pour tout nettoyer et mouiller cette neige qu'on veut voir s'en aller.

Mais, de plus en plus, les jours sombres seront de moins en moins appréciés. Place au soleil, place à la lumière. Que les soleils printaniers ravivent nos sens et nos envies d'exploser! Viennent les douces brises et les oiseaux en voiliers. L'hibernation est terminée. Les lampes s'éteignent, les livres se referment, les tricots glissent au panier. S'ouvrent les fenêtres et nos envies de respirer, s'ouvrent les portes et nos envies de bouger. C'est la fête du printemps bien avant qu'il soit pour de bon installé.

Cependant, cette année, la nature aura du temps à reprendre. L'hiver, tôt arrivé, lui aura laissé en plus beaucoup de neige à effacer. Et il suffit de voir, le long des routes et sur nos terrains aménagés, les arbres brisés pour savoir qu'il leur faudra du temps pour se soigner. Quoi qu'il en soit, nous pouvons nous rassurer, la nature pleure en secret et ses larmes nourrissent ses appétits. Tranquillement, elle refait son nid. Et la nature aime décorer. Alors, le printemps est sa saison, elle en profite et cherche à nous émerveiller. Chaque jour, une toile se dessine et s'amuse à la variété. Et quelle générosité! Elle nous en met toujours plein la vue. À nous de savoir regarder.

Comme beaucoup d'entre vous, je dis souvent que je me passerais bien de l'hiver. C'est une saison à laquelle je trouve plus de désagréments que de charmes, bien qu'elle en ait plusieurs. Mais froid, tempête, verglas, variation des températures, instabilité du climat de plus en plus perturbé n'ont rien pour me la faire aimer. Toutefois, sans l'hiver qui le précède et nous le fait apprécier, notre émerveillement face au retour du printemps serait-il le même? Saurions-nous reconnaître toutes les beautés, toutes les douceurs, tous les plaisirs qui y sont liés? Je persiste à croire que j'aimerais mieux une belle et unique saison modérément tempérée toute en douceur, en couleurs et en variétés que subir un trop long hiver froid, morne ou capricieux. Mais, qu'à cela ne tienne, je suis bien prêt à accepter tout ce qui peut accentuer le plaisir de redécouvrir chaque année ce passage à une nouvelle réalité. À l'instar de la nature, il nous sera toujours agréable de reprendre nos pinceaux pour nous refaire une beauté.

Mais, dis-nous Printemps, quand reviendras-tu?



Veuillez noter que l'opinion exprimée dans ce texte n'engage que l'auteur. La Fondation Giguère n'endosse pas nécessairement ces propos.



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