Clavardez avec nous !


Mars 2011
Croix de chemin ou chemin de croix

Michel René - Avez-vous remarqué comment, parfois, la vie s’en va dans tous les sens? Comment, par ailleurs, on a l’impression qu’elle s’arrête? Comment aussi on traverse certains carrefours sans savoir où l’on doit se diriger? C’est chez Ernest Hemingway que je lisais : « Nous devons nous habituer, aux plus importantes croisées des chemins de notre vie, il n’y a pas de signalisation. » C’est le carrefour des hasards et comme je pense que le hasard n’existe pas, on pourrait croire qu’il y a un chemin de tout tracé pour chacun de nous.

En fait, je pense que non! Je crois au libre arbitre. Je crois que nous sommes maîtres de nous-mêmes. C’est à chacun de marquer ses pas. À chacun de faire sa route. Tout est là pour nous y aider. Tout est là pour nous nuire également. Le chemin le plus direct est celui qui mène de la vie à la mort. Entre ces pôles, d’infinis chemins s’ouvrent à nous. Entre ces pôles, tout un monde se colore. Parfois gris, parfois lumineux, je pense que c’est nous qui tenons le pinceau pour en peindre le beau ou pour en peindre le laid. C’est comme choisir le canevas sur lequel on va peindre. Certains le voudront restreint, d’autres le souhaiteraient sans fin. Il y en a qui voit petit, d’autres qui voient grand.

Le plus simple, pense-t-on souvent, c’est de se mettre des œillères et foncer. Peu importe qui ou quoi l’on risque d’écraser, nous nous devons d’avancer. Dans un cas comme celui-là, ne risquons-nous pas de ne rien voir venir de chaque côté, de ne rien voir se produire qui pourrait nous émerveiller? Le plus compliqué, c’est de trop s’arrêter. Ne risque-t-on pas alors de préférer l’inertie à la grande quête de la vie?

Que faire alors? Je pense qu’il n’est pas très judicieux de restreindre nos vues. Je pense qu’on est bien mieux d’ouvrir au plus grand notre esprit. Il est mieux de vivre en éveil que de veiller au feu qui s’éteint. La lumière du jour n’est-elle pas préférable aux ténèbres des nuits qui nous effraient? Marcher dans la lumière n’est-il pas mieux que de constamment trébucher dans le noir? Finalement, contrairement à ce qu’énonçait Hemingway, il y a une multitude de signalisations à la croisée de nos chemins de vie. J’avoue qu’elles ne sont pas toujours apparentes. C’est à nous de les découvrir quand elles se présentent. Avec l’esprit et l’œil en éveil, elles ont de grandes chances de nous mener vers de beaux horizons. Chacun devenant le cartographe de sa propre vie.

Il y a une petite voix en nous que nous devons écouter chaque fois qu’elle se manifeste. C’est la voix de la vérité. C’est elle qui nous guide, c’est elle qui fixe les paramètres. C’est elle notre maître! Et dans nos plus grands égarements, c’est elle qui nous guidera vers la bonne voie et, chose curieuse, celle qu’elle nous indique se révèle souvent celle que l’on voulait précisément éviter.

La vie est plus facile sur un chemin bien pavé, sur une route bien balisée. Mais celui ou celle qui marche sans filet sur une corde raide n’a-t-il ou n’a-t-elle pas l’impression de mieux goûter chaque instant? Là où les faux pas ne sont pas permis se trouve la source de vie. C’est ainsi que croît l’excitation, que naissent les motivations et qu’on s’engage dans la bonne direction. Fixer nous-mêmes nos croix de chemin évite bien des chemins de croix!

En hiver, je suis comme l’ours qui hiberne. Dès que revient le printemps, la soif de vivre me reprend. Je me dois de trouver l’élément qui fera de mes quatre saisons de vie mon éternel printemps.


Veuillez noter que l'opinion exprimée dans ce texte n'engage que l'auteur. La Fondation Giguère n'endosse pas nécessairement ces propos.



Accueil_A propos_Produits_Entrevues_Philosophie_Michel René_Clifford Cogger_Pensées_Prières_Textes_C@rtes virtuelles_Clavardage_Liens_Contact

2001-2012, Fondation Giguère.
Version 3.0.