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s e p t e m b r e    2 0 0 6
Parfait ! Le monde est imparfait !

Michel René - Et si le monde était parfait! Si le monde était parfait? Il serait à mon image. Non, c'est une blague que je fais souvent. Mais ça dit tout de même une certaine vérité. Car nous voyons le monde à travers ce que nous sommes, et nous aimerions souvent qu'il aille dans notre sens. Ne jugeons-nous pas toute chose à notre mesure? Quoi qu'il en soit, comment serions-nous dans un monde parfait?

D'abord, à quoi cela ressemblerait-il un monde parfait? Un monde sans maladie, sans accident, sans haine, sans mesquinerie? Un monde bon sur lequel le mal n'aurait aucune prise? Un monde idéal où chaque être humain serait sans attente, sans égoïsme? Un monde idéal où la priorité de chacun serait de rendre l'autre heureux? Un monde où l'on accepterait sans mot dire la différence? Un monde sans ennemi, sans danger? Un monde d'abondance et de beauté, un monde de paix, d'amour et de sérénité? Un monde positif dans lequel personne n'aurait même l'idée du négatif? Ajoutez-y tout ce qui vous vient à l'esprit et plus encore. Établissez vous-mêmes votre monde parfait. Je dis bien parfait, donc sans imperfection.

Pour que notre monde ait été parfait, il aurait a priori fallu que chacun de nous le fût avant toute chose. Car, semble-t-il, on nous a déjà donné le paradis terrestre et nous n'avons su le préserver. Nous l'avons laissé se détériorer, se flétrir. Qui plus est, nous l'avons pillé, nous en avons abusé. Et nous commençons à peine à ouvrir les yeux sur les conséquences de notre égocentrisme. Notre aveuglement n'avait d'égal que notre empressement à nous servir sans réfléchir.

Admettons que nous fumes parfaits. De quelle façon vivrions-nous dans ce monde idéal? De quoi aurions-nous l'air dans ce monde parfait? Tout nous arriverait-il sans effort? Nos besoins et nos désirs seraient-ils immédiatement comblés? Serions-nous uniformes? Notre estime de soi n'aurait-elle d'égal que l'estime de notre prochain? Je nous vois comme au pays des anges. Tout de blanc vêtu, nous déambulerions joyeusement, sereinement, parmi nos semblables : « Bonjour Monsieur Un Tel, bonjour Madame Une Telle! Belle journée n'est-ce pas? » Oui, mais toutes les journées seraient belles, il serait difficile de comparer à une mauvaise journée. Nous n'aurions aucune idée de ce qu'est une mauvaise journée. Tout aurait bon goût, donc nous ne connaîtrions nullement le mauvais goût. Est-ce vraiment souhaitable? Notre appréciation des gens, des choses et des événements ne serait-elle pas faussée par notre virginité?

En fait, nous n'aurions aucune idée de la différence. Et je pense que c'est la différence qui fait la vie. Pour qu'il y ait étincelle, il faut un positif et un négatif. Pour apprécier la douceur, nous avons besoin de la rigueur. Pour apprécier le beau, il nous faut connaître le laid. Dans un monde parfait, nous aurions atteint la perfection. Qu'aurions-nous à demander de plus à la vie? Imaginons, en plus, si nous avions atteint l'immortalité. Wow, quelle vie plate en perspective? Toujours la même routine, toujours la même joie tranquille de vivre. Toujours la certitude d'être bien? Où se situerait l'espoir dans tout cela? Où se situeraient nos raisons d'être?

Ce qu'il y a de beau dans notre monde imparfait, c'est justement le fait de cheminer vers la perfection, sachant très bien que nous ne l'atteindrons jamais. Car le plus important pour l'être humain, c'est d'évoluer, de travailler à s'améliorer, de collaborer à rendre notre monde meilleur. Rien ne nous empêche d'aimer!



Veuillez noter que l'opinion exprimée dans ce texte n'engage que l'auteur. La Fondation Giguère n'endosse pas nécessairement ces propos.



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