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s e p t e m b r e    2 0 0 7
Les guerres éclatent quand les mots manquent de munitions

Michel René - Noble est le soldat qui meurt au combat! Dans l’état actuel des rapports humains sur la planète, je salue son courage, ses motivations, son abnégation et son don de soi. Je respecte ses croyances et je lui rends hommage. Mais je ne comprends pas la guerre et je ne veux pas la comprendre. La guerre n’est pas intelligente et je crois que c’est parce que les mots manquent de munitions qu’elles se manifestent. Je crois que c’est parce que l’humanité manque d’intelligence que la guerre existe. Un peu prétentieux de ma part me direz-vous? Mes propos viennent plus du cœur que de la raison, je l’admets. Le mot même devrait disparaître de tout vocabulaire, de toutes les langues sur terre.



Mais puisque le mot existe et que nous ne pouvons échapper à notre esprit guerrier, c’est à la guerre que nous devrions faire la guerre. Je parle ici de toutes les guerres. Les petites comme les grandes. Les personnelles comme les universelles. Les guerres du cœur tout autant que celles des nations. Les guerres de pensées comme celles des tranchées. Les guerres de mines et celles des crayons. Belle utopie, j’en conviens. Mais il nous est permis de rêver. Alors, je rêve d’un monde de tolérance, d’acceptation de la différence, de la mise en commun des énergies personnelles et universelles. Des énergies d’amour plutôt que celles de haine. Imaginez un seul instant ce qui se produirait si, par un retournement extraordinaire de situation, nous mettions au service de la paix et de l’amour toutes les énergies, toutes les stratégies, toutes les sommes faramineuses ainsi que toutes nos pensées, nos volontés, nos démarches et tout le respect qu’on doit à la vie. C’est un projet planétaire impossible à faire précisément parce que nous sommes humains avec toutes nos faiblesses, nos contractions, nos défauts, nos impatiences, nos intolérances et notre indifférence. Nous pensons d’abord à nous avant de penser aux autres. Nous préférons satisfaire nos besoins égoïstes au lieu de nos désirs altruistes. L’humanité a été créée sur des manques au lieu d’avoir été créée sur des suffisances. À nous de les combler. En avons-nous le courage? En avons-nous la possibilité?

Dès notre tendre enfance, la violence explose aussitôt que l’on se sent coincé. Certains diront que c’est l’instinct de survie, je dirais que c’est le manque de connaissance, de soi comme de l’autre, des causes comme des effets. Et ça nous suit toute notre vie. C’est dans la culture de tous les peuples, c’est dans l’apprentissage de toute la vie. On est mal parti, on est mal barré. On s’enfarge à chaque pas et au lieu de nous apprendre à marcher, l’on nous apprend à nous étendre. Paresse physique, paresse intellectuelle? L’indifférence des uns sert les envies des autres. Nous sommes les fourmis que le pas des éléphants écrase sans merci.

Il en va de même dans notre quotidien, dans nos relations intimes, personnelles, sociales et professionnelles. Nous abdiquons trop vite face à l’incompréhension, à l’insuffisance, face à la vérité et à la différence. Le mot vérité est tout aussi sournois que le mot guerre. Il implique une multitude de volets que notre propre vérité n’est pas toujours prête à admettre. Alors, l’on se bat ou l’on se tait. Et c’est là que les mots manquent de munitions, manquent de force. Trop souvent les mots manquent leur but. Contexte et référentiel, langues et dialectes, cris ou silence, la marge est tellement grande que les mots perdent en puissance. À nous d’apprendre à nous exprimer.



Veuillez noter que l'opinion exprimée dans ce texte n'engage que l'auteur. La Fondation Giguère n'endosse pas nécessairement ces propos.



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